Chroniques d'Inde - भारतीय इतिवृत्त
Le 16/04/2008 à 17:02
Le récit parcellaire de mes péripéties sur place.
Pages de la rubrique :
- 06/07/2002 - Arrivée - आगमन
- 11/07/2002 - Shopping - खरीददारी
- 14/07/2002 - Impressions - भावना
- 15/07/2002 - Administration - शासन
- 16/07/2002 - Coutumes - अभ्यास
- 18/07/2002 - Carrom
- 20/07/2002 - Qutb Minar
- 22/07/2002 - Restaurant - भोजनालय
- 26/07/2002 - IIT
- 04/08/2002 - Taj Mahal
- 10/08/2002 - Etudes - पढाई
- 21/08/2002 - Consommation - उपभोग की वस्तु
- 10/10/2002 - Shimla
- 18/10/2002 - Himachal Pradesh
- 02/12/2002 - Mi temps - अर्द्ध
- 18/12/2002 - Bengale & Orissa
- 04/01/2003 - Voeux - शुभकामनाए
- 20/01/2003 - Goa
- 14/03/2003 - Rajasthan
- 22/04/2003 - Ladakh
22/04/2003 - Ladakh
Pour finir en apothéose, décision avait été prise avec un groupe de suisses et un belge d’aller passer 10 jours au Népal, avant de retrouver nos pénates et la fraîcheur européenne. Nous mimes donc en action nos capacités développees en Inde afin d’obtenir une réduction sur le billet d’avion. Bien mal nous en pris, car notre force de persuasion surhumaine conduisit le guichetier d’Indian Airlines a nous accorder une réduction "étrangers résidant en Inde" qui ne s’applique que sur les vols intérieurs.
Résultat : une fois arrives a l’aéroport, on nous explique que ça cloche et qu’il va falloir payer un supplément… Malaise, on est pas la pour se faire engeuler, on est la pour prendre l’avion et se tirer… Ils rompent le contrat ces bougres ! On finit par nous passer le chef d’Indian Airlines de Delhi qui nous explique que ni notre responsabilité ni la leur n’est engagée… ?!? du coup soit on se fait rembourser soit on paye le supplément.
Avec Ben l’ami belge nous refusons d’entrer dans ce jeu infâme et nous faisons rembourser l’intégralité du billet. Notre esprit ne fait qu’un tour, direction Jet Airways la compagnie concurrente -et bien plus sympa et jeune et dans le mouv’- pour acheter un billet direction Leh — Ladakh, décollage le lendemain même a 5h30 du matin.
Le temps de quelques bouteilles de coca et d’une nuit blanche, nous voici survolant la chaîne de l’Himalaya et atterrissant a 3500 mètres d’altitude sur le 2eme aéroport le plus haut de la planète. température entre 0 et 15, la neige a 4000/4500 sur le contrefort de véritables murailles culminant jusqu’a 6500 et encadrant une vallée a vous couper le souffle.
Direction une guest house dont le lonely planet dit qu’elle est gérée par une famille sympathique. Et on tombe des nues, après 8 mois sur la "plaine" indienne, nous voila hors saison touristique accueillis dans une famille ladakhi chaleureuse et souriante. Ca nous a fait des vacances ! visites de gompas et marche dans les montagnes et les vallées, avec les arbres bourgeonnants et la nature en fête.

Mais venir a Leh sans tenter une des nombreuses expéditions possibles dans les — vraies — montagnes, c’est un peu dommage. Alors avec notre planning un peu court (9 jours) on s’est décide pour un trip en jeep dans la Nubra Valley. Cela implique un voyage par la plus haute route "motorable" (dans le texte) sur Terre, c’est a dire empruntable par les camions et bus indiens… Il faut un permis des autorités pour se rendre là bas, car cette vallée débute d’une part par le Siachen glacier -front entre la Chine et l’Inde- et d’autre part par une source en Inde, et s’achève par la frontière -disputée- avec le Pakistan. Mais foin de considérations géopolitiques, car c’est ici que l’aventure commence !
Il faut être au moins char sawari pour obtenir le permis, nous recrutons donc a la guest house un couple de jeunes canadiens, et un montpelliérain pour partir direction la Nubra Valley ou fleurissent les abricotiers. Apres 1 journée de démarches pour marchander les prix et obtenir le permis, nous obtenons une jeep avec chauffeur pour 3 jours au prix de 5000 roupies. Départ avec un voyage épique de 110 km en 6 heures, en passant à 5600 mètres, arrivée dans la vallée, qui est plus basse que celle de Leh. Du coup le climat est plus agréable, les arbres sont déjà verts tendre, et les abricotiers… que du bonheur ! Maintenant, il me faut préciser que le trafic sur la route de la passe est en sens unique d’un jour sur l’autre. Sur le lonely planet ils disent que les jeeps peuvent passer dans les deux sens tous les jours, mais il faut en fait obtenir l’autorisation d’une autorité a Leh. Comme nous sommes dans le mauvais sens pour repartir vers Leh, nous devons attendre au premier check point, au début de la route. Nous finissons par obtenir le feu vert, et après quelques heures d’ascension, la jeep commence à donner des signes de fatigue, le chauffeur tente de changer le filtre à gasoil ou d’enlever le filtre a air dans une tempête de neige naissante. Peine perdue, ce sont les injecteurs qui sont mal réglés !
Nous arrivons tant bien que mal au second check point, a 15 kilomètres du sommet, la police militaire qui gère la route nous accueille dans une cabane chauffée au kérosène pour nous expliquer qu’il y a 200 mètres de verglas sur une section, et que les gars sont en train de bosser la dessus. Apres quelques coups de téléphone militaire de l’an quarante, l’officier nous explique que la tempête devient trop forte au col et que les bulldozers ont cessé de travailler. Nous voilà obligés de redescendre dans la vallée pour tenter de passer le jour suivant.
Le lendemain, réveil à 6 heures pour apparaître à 7 heures au check point, où une file déjà impressionnante est amassée. On attend le feu vert car il a neigé 50 centimètres sur le haut (environ 12 kilomètres de chaque côté du sommet, et on doit gravir la face nord). L’officier de ce premier check point est amoureux de la canadienne et il nous fait passer premiers à l’ouverture de la route, mais rapidement notre jeep se fait doubler par toutes sortes de véhicules, sans compter les arrêts désespérés du chauffeur à pomper comme un fou sur l’amorce à gasoil, ou à souffler comme un damné dans le filtre a air… De toutes façon, tout le monde est stoppé au 2eme check point car les bulls travaillent. Apres une nouvelle attente, les jeeps sont lâchées, puis les bus, et enfin les camions. Notre jeep se fait depasser par les bus avant de se retrouver coincés par la neige qui n’a pas encore été enlevée : les gros bus à propulsion sont coincés en attendant le bull pour degager tout ça. Durant la nouvelle attente qui s’en suit, notre jeep refuse de redemarrer, et, sur notre initiative, et en accord commun avec le chauffeur, nous nous réfugions dans un bus. S’en suit un voyage mémorable dans le groupe des gros bus à propulsion avec tout le monde qui balance du sable partout sur la route et qui pousse les bus avec entrain. Le tout encadré par des murs de neige plus haut que le bus lui même. Ce fut du sport, un mix entre bowling et stock car. Sensations fortes car pour passer le bus doit prendre pas mal de vitesse, sinon il est coincé avec sa propulsion. Finalement on a exprimé notre mecontentement à la guest house, et ils ont été très réglo en nous disant: "If you are not happy, we don’t want your money". On leur a payé le gasoil et filé 500 roupies au chauffeur car il a été fort.
Bref je sais maintenant ou j’irais passer mes vacances à la montagne: le Ladakh !!
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Commentaires
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rachat pret -
très beau billet!! on a l'impression d'y être...